
‘Equivaut à faire rentrer un cercle dans un carré’.
La quadrature du cercle pour un autiste équivaut à essayer de trouver un soulagement total après l’annonce de son diagnostic.
Les quatre côtés du carré : besoin de compréhension, besoin de reconnaissance, besoin de certitude et besoin d’apaisement au quotidien.
Le cercle, c’est les autres, le monde qui tourne pas rond sans règles précises et justes.
Le cercle c’est aussi les relations sociales qui ne laissent aucune échappatoire et coin où se cacher.
Le syndrome de l’imposteur n’en est pas un.
L’autiste sait en lui-même sa vérité, il l’a sent même très bien, même trop bien jusqu’à éviter le plus possible la confrontation directe avec l’autre et son jugement.
L’imposture c’est les autres.
Ils ne savent pas, ils ne voient pas, ils ne croivent pas et prétendent détenir la vérité.
La solution à l’équation géométrique antique est un mythe.
L’autiste ne pourra jamais se faire totalement comprendre par les autres.
Un carré ne sera jamais capable d’effleurer que des quatres coins d’un cercle.
Aussi verbale sera l’autiste qu’il puisse, il ne pourra jamais trouver les bons mots faire sentir son inconfort permanant.
Le besoin de reconnaissance absolu est un leurre dont il faut faire le deuil au plus vite.
Le besoin de certitude par rapport à son diagnostic est fondamental pour son équilibre psychique.
Le contraire serait de demander au carré de vérifier tous les jours la justesse de la formule de son périmètre.
De contrôler jour après jour, en faisant le tour à pied, en comptant ses pas un à un , juste pour être certain que l’autiste ne se serait pas trompé sur lui-même.
Inévitablement, le compte ne serait plus bon tôt ou tard.
Certitude il y aura le jour où le cercle pourra enfin sentir tout contre lui les bords du carré.
Autant dire jamais !
Quasi tous les diagnostics ne s’établissent pas avec uniquement avec un prise sang ou une imagerie ou un test génétique ou une liste de symptômes, ….
C’est toujours la clinique qui l’emporte, un faisceau de preuves , une histoire unique qu’on ne retrouve dans aucun manuel diagnostic .
Diagnostiquer ce n’est pas cocher des cases et remplir des auto-questionnaires.
La liste des biais cognitifs est beaucoup trop grande.
La certitude naît de la confiance entre le soignant et l’autiste.
Avec écoute attentive, non jugement, bienveillance et intérêt non simulé pour la souffrance de l’autre, petit à petit la certitude commencera à grandir.
C’est dans le regard de l’autre qu’on se sent enfin entier.
Les méandres de la psychée seront toujours emprunts de doutes et d’aller-retour.
C’est inévitable et sain.
Le besoin de compréhension est double.
Relecture auto-biographique et compréhension des mécanismes physiologiques qui sous-tendent la genèse de l’autisme.
La profondeur de cette quête est propre à chacun.
Malheureusement, comme toutes les quêtes c’est plus une épopée qu’une arrivée.
Les avancées de la science se sont toujours faite par à coup avec c’est un éternel ‘vrai jusqu’à preuve du contraire’.
Faire une relecture de sa vie, c’est comme passer avec une lampe torche dans un tunnel tout noir.
On ne peut jamais tout voir du premier coup.
À chaque passage, on découvre une nouvelle partie.
Et certains creux resteront à jamais enfouis dans l’obscurité.
Il est vital d’accepter cette part d’ombre en nous-même.
Le propre de l’autisme c’est de vider un sujet de sa substance jusqu’à tout connaitre parfaitement.
Ici l’autiste sera toujours en échec.
Le conflit d’intérêt est démasquée : Ombre et lumière doivent apprendre à cohabiter.
Ne pas savoir, ce n’est pas, ne pas connaitre.
Connaitre c’est appréhender.
Appréhender c’est peut-être aimer.
Et s’aimer c’est tout ce qui compte finalement car le besoin d’appaisement en découle inévitablement.