
Comble du comble pour un autiste de devoir porter en permanence une étiquette !
Diagnostic de merde !
Tu grattes, tu colles, tu identifies à tort sans te soucier un instant de la subtilité de l’être juste en dessous.
Paraît que c’est pas une maladie mais un fonctionnement neurologique différent !
Et pourtant tu te retrouves dans le DSM (Manuel à l’usage des psychiatres), manuel pour soit-disant en passant les mettre d’accord entre eux : je ris !
L’hypocrisie du corps médical dont je fais partie a parfois aucune logique, ni bon sens pour revenir en arrière après un échec cuisant.
Si c’était une différence neurologique, une variation de la norme, l’autisme devrait se trouver dans un manuel de neurologie pas de psychiatrie.
Il est vrai que concomitte des troubles psychiatriques à l’autisme : des psychoses, des névroses, des TOCs, des anxiétés, des dépressions et même du burn-out dit ‘autistique’.
Tiens ! … mais en faite, cette petite liste non exhaustive, c’est pas la même que pour les gens neurotypique ?
On ne décolle pas une habitude historique si facilement.
C’est pas les autistiques qui vous diront le contraire, les rituels et les routines cela a un côté rassurant.
Tel un mantra sémantique, j’aime entendre les consonances du mot ‘Asperger’, cette sonorité m’a toujours intrigée tout en visualisant inévitablement en même temps une petite asperge au visage ultra-concentrée.
Cette dualité lexicale, c’est évanouie le jour où j’ai appris les origines historiques du psychiatre Hans Asperger et l’extérmination des enfants dit ’handicapés’.
La petite asperge dans ma tête s’est accessoirisée d’une petite tronçonneuse….
Aujourd’hui, dans mon langage courant ,j’utilise uniquement le mot autiste. Tout court. Ni Asperger. Ni TSA.
C’est moche les initiales, ça éloigne ne l’autre.
Déjà qu’on s’éloigne tout seul, pas besoin d’en rajouter.
Je ne nierai jamais la profondeur du spectre et les infinités de nuances du vécu des autres.
J’entends parfois parler les proches d’une personne autiste de « handicaps ».
Je tressaille violemment en entendant cela car le handicap c’est pas une maladie, ni la conséquence directe de celle-ci. L’handicap c’est juste une non-adéquation entre les capacités d’une personne à un moment T et son environnement qui n’est pas adapté.
Tout le monde peut être handicapé le jour où son pied est dans le plâtre et que l’ascenseur est en panne.
Est-ce définitif ? Est-ce une fatalité ? Est-ce pour autant stigmatisant et prédictif de votre être tout entier ?
Peut-être que oui et peut-être que non en faite.
C’est toute la beauté de la chose, et juste le contraire d’une bête étiquette.
C’est mouvant. C’est invisible parfois.
La personne et l’environnement sont en perpétuelles transformations.
Et pouf, l’ascenseur est réparé.
La ‘maladie’, ‘la différence’ est aussi parfois source de grandeur et de force par rapport à la norme.
La création et l’amélioration de ce monde a souvent été générée par une étincelle de personnes hors-normes.
C’est perturbant de ne pas pouvoir bien nommer les choses car par essence on a tous besoin de clarté, d’exprimer sa souffrance.
On a besoin de compréhension et parfois même de soutien.
Moi dans le mot handicap, je ne retrouve absolument pas toutes ces choses dont j’ai besoin.
J’ai besoin qu’on me foute la paix et d’être invisible en société.
Mais perfidie ultime : sans nommer ce dont j’ai besoin personne pourra me comprendre.
C’est le serpent qui se mord la queue.
C’est pas demain que je ferai mon coming-out autistique.
PS : Elon, je t’emmerde !